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Comment pré-rédiger un email de cooptation ?

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On sous-estime souvent l’impact de la friction sur les comportements. Qu’est-ce que la friction ? C’est la difficulté à effectuer une action. Par exemple, si je dois faire trois clics et rentrer mon numéro de carte bleue pour faire une action sur un site A, il y a plus de friction que si je dois faire seulement un clic sur le site B.

Or, le web tend vers une structure de moindre effort. C’est ce qui explique que la plupart des sites carrières paraissent aujourd’hui insupportables à beaucoup de gens : parce qu’ils ne se sont pas vraiment améliorés depuis une décennie. Pourquoi je vous parle de friction ? Parce qu’il y a un domaine où elle joue à plein régime : quand vous demandez des recommandations.

Comment procède-t-on classiquement ?

Imaginons que je veuille recruter un développeur Android vers Lyon. J’ai envie de demander de l’aide à quelqu’un qui est susceptible d’en connaître (un ami, un collègue, un opérationnel, un candidat, etc). En général je vais simplement écrire un email du type :

Bonjour Untel,

Je recherche un développeur Android junior dans la région lyonnaise. Tu as une idée de qui je devrais contacter ?

Si c’est le cas, n’hésite pas à nous mettre en relation !

Bien à toi,

Quel est le problème de ce mail (mis à part que je l’ai écrit vite et qu’on peut l’améliorer) ? Il y a deux gros points de friction. Le premier : si la personne a l’idée de quelqu’un elle va se sentir obligée d’écrire une réponse de taille comparable. Rares sont les gens qui osent répondre uniquement par un numéro de téléphone et un nom par exemple. Sans faire de phrase. Et comme ce n’est pas une option envisageable pour eux cela veut dire qu’il leur faut faire l’effort d’écrire. Premier obstacle.

cheval-obstacle

Le deuxième point de friction : imaginons que la personne veuille vous aider. Le problème c’est qu’elle ne visualise personne dans son réseau. Aucun nom ne lui vient spontanément à l’esprit. Pas parce qu’elle ne connaît personne mais parce qu’elle est prise à froid : si elle avait la liste des noms de son réseau devant elle, ça lui reviendrait immédiatement.

Diminuer la friction

Quand j’ai lancé le programme un outil de sourcing par jour, j’ai appris à pré-rédiger un email de recommandation grâce à un cours de marketing. De manière à ce que les gens n’aient plus qu’à cliquer pour que s’ouvre un email de partage à leurs amis.

mail-un-outil-de-sourcing

Et j’ai été sidéré par le nombre de personnes qui cliquent sur le lien et envoie l’email, sans en changer une seule ligne ! C’est la preuve que la friction peut avoir un impact dramatique sur la propension des gens à nous aider. Quand j’ai écrit cet email j’étais persuadé que 90% des gens allaient le changer avant de l’envoyer. Mais en fait c’est l’inverse : 90% des gens l’envoient sans le changer. Ce qui veut dire que 10 fois plus de personnes partagent le programme par mail uniquement parce qu’il est déjà pré-rédigé.

Je vous propose donc de transposer cette expérience à notre problème de recommandation/co-optation. On va lutter contre le point de friction de l’écriture en rajoutant dans le mail un lien qui ouvrira un email pré-rempli. De sorte à ce que la personne en face n’ait plus qu’à rajouter l’email d’un développeur Android lyonnais.

Comment pré-rédiger un email ?

Je vous préviens : au début ça peut faire un peu peur. Mais en fait il suffit juste de copier-coller et de modifier la formule suivante :

mailto:?cc=ECRIRE VOTRE EMAIL&subject=ECRIRE LE SUJET DU MAIL EN CODE URL&body=ECRIRE LE CORPS DU MAIL EN CODE URL

Vous n’avez plus qu’à remplacer par vos propres données. Pour l’email ce n’est pas compliqué. Pour le sujet et le corps on va devoir apprendre une dernière notion : l’encodage URL (je ne sais pas s’il y a un terme officiel en français). En gros, il faut écrire les textes dans la langue URL (celle des adresses web). Comment ? Pas de panique : il y a des traducteurs déjà prêts sur le web.

Par exemple celui ci : http://meyerweb.com/eric/tools/dencoder/

encodeur-url

Vous n’avez plus qu’à rentrer votre texte et à appuyer sur « Encode ».

Texte-a-encoder

 

encodage-url

Et voilà, ça donne un gros pâté barbare mais peu importe : il nous suffit de le copier-coller dans la formule.

mailto:?cc=ECRIRE VOTRE EMAIL&subject=ECRIRE LE SUJET DU MAIL EN CODE URL&body=ECRIRE LE CORPS DU MAIL EN CODE URL

On obtient donc finalement quelque chose qui ressemble à ça :

email-en-code

Pas de panique ! On a pas besoin de comprendre le « code ». Il ne nous reste plus qu’à prendre tout ça et à en faire un lien, comme on mettrait un lien vers un site web.

Bonjour Untel,

Je recherche un développeur Android junior dans la région lyonnaise. Tu as une idée de qui je devrais contacter ?

Si c’est le cas, n’hésite pas à nous mettre en relation ! Il te suffit de cliquer sur ce lien et un email prérempli s’ouvrira. Tu n’auras plus qu’à insérer l’email de la personne en question.

Bien à toi,

Et le tour est joué. Si mon interlocuteur clique sur le lien, il va voir s’ouvrir ce mail :

email-rempli

(S’il est sur Gmail, ça s’ouvrira directement dans Gmail, s’il est autre part sur son ordinateur ça ouvrira le logiciel mail par défaut. C’est d’ailleurs l’unique faille : des fois les gens n’ont pas configuré de logiciel mail sur leur ordinateur et donc c’est un écran de configuration qui s’ouvre à la place du mail)

Diminuer la friction – deuxième étape

On pourrait largement s’arrêter là. Mais on avait parlé d’une seconde friction à lever : le fait pour mon interlocuteur de ne pas avoir de nom qui lui vienne spontanément à l’esprit s’il ne voit pas de liste. Pour ce faire on va donc utiliser la technique très simple (que Guillaume Alexandre m’a enseignée) pour créer des requêtes pré-remplies sur LinkedIn.

La voici en détails pour ceux et celles qui l’auraient ratée : http://www.linkhumans.fr/la-fonction-cachee-et-tres-pratique-des-url-de-linkedin/

En résumé : je fais une recherche avancée sur mon compte LinkedIn, avec les éléments que je cherche. Je lance la recherche mais uniquement sur mes relations directes (en cochant la case 1er niveau).

recherche-linkedin

Puis j’appuie entrée et je prends l’URL dans mon navigateur et je le copie-colle tel quel. Résultat ? Quand mon interlocuteur va cliquer dessus ça ouvrira une recherche mais parmi ses contacts à lui !

L’avantage c’est que mon interlocuteur n’a pas à penser à faire la recherche mais aussi que je peux faire une requête beaucoup plus fine que ce que lui aurait fait. En utilisant les bons opérateurs booléens. Comme ceci :

Recherche LinkedIn pré-remplie

(Si vous cliquez et que LinkedIn vous répond « 0 résultat » c’est normal : c’est parce que vous ne connaissez pas de développeur Android à Lyon. Moi par exemple ça me donne 0 résultats à Lyon mais 2 à Paris. Cela dépend évidemment d’où vous habitez et des gens que vous connaissez)

Il ne me reste plus qu’à rajouter ce lien dans mon mail :

Bonjour Untel,

Je recherche un développeur Android junior dans la région lyonnaise. Tu as une idée de qui je devrais contacter ?

Si c’est le cas, n’hésite pas à nous mettre en relation ! Il te suffit de cliquer sur ce lien et un email prérempli s’ouvrira. Tu n’auras plus qu’à insérer l’email de la personne en question.

Bien à toi,

PS : si personne ne te vient à l’esprit spontanément, peut-être que je peux t’aider. Je t’ai préparé un lien qui va ouvrir une recherche dans tes contacts LinkedIn : clique juste ici.

Conclusion

Et voilà ! Voici un email pré-rédigé de recommandation qui diminue au maximum la friction. On pourrait encore aller plus loin en automatisant le procédé. Par exemple avec un outil qui repère le clic de mon interlocuteur et ne lui envoie le lien vers la requête LinkedIn qu’à ce moment. En lui disant « ah au fait j’avais oublié mais voici un lien linkedin pour t’aider à chercher ». Comme ça on est sûr de le relancer à un moment où on a son attention. On pourrait cumuler le tout avec un export des contacts LinkedIn pour faire des campagnes ciblées. Mais…ce sera probablement l’objet d’un module dans #TruAcademy

Commentaires

  1. Bonjour Nicolas,

    Je viens de tester une expérience peu commune, en ce sens que je sollicite en direct via mon compte « LinkedIn » (je suis compte payant) des Directeurs d’Agence pour une interview téléphonique concernant la réalisation d’un projet pratique.
    Les résultats, je ne suis qu’au début de l’expérience est relativement mitigée : deux classes : ceux qui sont déjà dans le lac de la problématique, la tête hors de l’eau, et ceux qui sont manifestement au stade de la noyade que je devine avancée, dommage pour eux, ils n’ont pas eu la chance de trouver un bon « Sauveteur des Mers » sur leur chemin.
    Certains acceptent l’idée d’un échange en face à face, les « noyés » refusent, je les sens consternés mais ne peux rien pour eux …
    C’est un épreuve de sourcing, de définir les angles à retenir, de lire et débroussailler les écrits éventuels et articles publiés sur le sujet ce qui est une course de longue haleine, comparable à celle d’un nageur de fond les balises en moins car tu es livré à ton propre questionnement, et il faut faire attention de ne pas être « enfermé » c’est aussi un piège.
    Après deuxième étape, le rédactionnel pur, ce qui me^me pour un journaliste expérimenté n’est pas une épreuve aussi rectiligne qu’il ne semble !
    Il est clair que le transfert de carnet d’adresses ne peut se réaliser que par une mise en confiance, quel sera le profit pour un individu lambda de donner les coordonnées d’une qualification recherchée ? Est ce que le système de l’échange au sens social du terme existe ? Notre société est devenue très individualiste. Demande à ton panorama de lecteurs, s’ils rendent spontanément service à un inconnu pour un job ? La réponse sera étonnante, je suis curieuse de voir !
    Les réseaux sociaux tentent de palier à cet égocentrisme latent mais ce n’est pas toujours ni de qualité ni comme on l’avait imaginé …
    Le débat est très vaste et profile d’autres articles ….
    A suivre !

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