Sur LinkedIn, le langage booléen repose sur 5 opérateurs : AND, OR, NOT, les parenthèses et les guillemets. Ils ont un ordre de priorité strict – si tu ne le respectes pas, ta requête ne fait pas ce que tu crois. Mais le vrai levier du sourcing n’est pas là : c’est le vocabulaire que tu choisis qui détermine la qualité de tes résultats. Ce guide explique les deux.
Le langage booléen est une langue qui se parle avec 3 mots.
Allez, 5 si on compte les opérateurs spécifiques sur Linkedin.
Donc, c’est un langage facilement maîtrisable quand tu compares à la grammaire française et ses 23 exceptions par règle.
Pourtant, je sais qu’encore aujourd’hui, nombreux et nombreuses sont les recruteurs à s’arracher les cheveux dessus.
Pourtant, même les instructions IKEA sont plus compliquées ^^
Alors, l’objectif de cet article est de permettre une bonne fois pour toute à n’importe qui de maîtriser ce langage un peu particulier mais important quand on est au sourcing.
Les 5 opérateurs : c’est tout, c’est fini
Voici les 5 opérateurs logiques qui fonctionnent sur LinkedIn :
- AND
- OR
- NOT
- Les parenthèses ( )
- Les guillemets » «
On peut les retenir en une après-midi.
Cependant, le problème n’est pas de les retenir mais de comprendre comment ils interagissent entre eux.
Un peu comme la cuisine.
Tu peux avoir 5 ingrédients mais, si tu ne sais pas comment les cuisiner, ça donne une cuisine pourri même si les ingrédients sont de qualité..
Avant, il faut savoir qu’ils ont un ordre de priorité.
Cet article se concentre sur LinkedIn. Si tu cherches la liste complète des opérateurs booléens toutes plateformes confondues (Google, jobboards, CVthèques), c’est par ici : Les opérateurs booléens pour le recrutement
L’ordre de priorité : le truc que tout le monde oublie
Ces opérateurs ont un ordre de priorité dans la recherche. Ils ne sont pas traités de manière uniforme par LinkedIn. Il y a des opérateurs prioritaires sur d’autres.
L’ordre de priorité est le suivant :
- Guillemets » «
- Parenthèses ( )
- NOT
- AND
- OR
Autrement dit, LinkedIn va d’abord lire ce qu’il y a entre guillemets, ensuite entre parenthèses, puis NOT, etc.
Pourquoi c’est important ?
Simple.
Parce que si tu ne respectes pas cet ordre, ta requête ne dit pas ce que tu crois qu’elle dit. LinkedIn l’interprète dans son propre ordre, pas dans le tien. Et tu te retrouves avec des résultats qui n’ont rien à voir avec ce que tu cherchais.
C’est un peu comme une phrase sans ponctuation. « On mange les enfants » et « On mange, les enfants ».
Ce sont les mêmes mots, mais le sens est radicalement différent.
Maintenant, reprenons chaque opérateur un par un.
AND : le combinateur
AND est l’opérateur qui permet de combiner les mots-clés.
Exemple :
Responsable AND Recrutement
Ça veut dire : je veux des profils qui contiennent ET « Responsable » ET « Recrutement » quelque part dans leur profil.
« Responsable Recrutement » AND Sourcing
Ça veut dire : je veux l’expression exacte « Responsable Recrutement » ET le mot « Sourcing ».
Maintenant, information importante que beaucoup ignorent : LinkedIn interprète un espace entre deux termes comme un AND.
Autrement dit :
Responsable AND Recrutement = Responsable Recrutement
C’est exactement pareil.
L’espace entre deux mots, c’est un AND invisible. LinkedIn le fait automatiquement.
Du coup, tu n’es même pas obligé d’écrire AND entre chaque mot. Tu peux si tu veux être explicite et rendre ta requête lisible. Mais techniquement, c’est redondant.
OR : l’élargisseur
Maintenant, si tu veux élargir ta recherche à des profils qui comprennent un ou plusieurs termes dans une liste, tu les sépares avec OR.
On utilise OR pour rechercher des orthographes alternatives, des féminins/masculins ou des synonymes.
Exemple :
Recruteur OR Recruteuse OR « Chargé de recrutement »
Ça veut dire : je veux les profils qui contiennent AU MOINS UN de ces trois termes. Peu importe lequel.
OR est ton meilleur ami quand tu veux ratisser large.
Et c’est là que beaucoup de sourceurs et sourceuses font une erreur classique. Ils oublient d’utiliser OR pour couvrir les variations d’un même poste.
Prenons un exemple concret. Tu cherches un développeur ou une développeuse.
Si tu tapes juste Développeur, tu rates tous les profils qui ont écrit Développeuse. Tu rates aussi ceux et celles qui ont écrit Developer (en anglais). Et ceux et celles qui ont écrit Dev.
La bonne requête, c’est :
Développeur OR Développeuse OR Developer OR Dev
C’est la même cible. Mais la première requête te donne une fraction des résultats de la seconde.
Or, en sourcing, rater des profils parce qu’on n’a pas pensé à une variante d’écriture, c’est comme partir à la chasse avec une seule flèche. Une fois qu’elle est tirée, tu ne peux que rentrer bredouille.
NOT : l’exclusion
Tu utilises NOT devant un terme particulier pour l’exclure des résultats de ta recherche.
Exemple :
Recruteur NOT Freelance
Ça veut dire : je veux les profils qui contiennent « Recruteur » MAIS PAS « Freelance ».
NOT est utile pour filtrer le bruit. Quand ta recherche ramène trop de profils non pertinents, tu identifies le mot-clé parasite et tu le vires avec NOT.
Attention cependant. NOT est un outil puissant, mais c’est aussi un outil dangereux. Chaque NOT que tu ajoutes, c’est un filet que tu resserres. Et parfois, tu élimines des profils pertinents sans le savoir.
Imagine : tu fais Recruteur NOT Cabinet. Tu penses éliminer les recruteurs en cabinet. Mais tu élimines aussi tous les profils qui mentionnent le mot « cabinet » quelque part — y compris celui ou celle qui a écrit « j’ai quitté le cabinet pour rejoindre une entreprise ».
Dès lors, utilise NOT avec parcimonie. Et toujours en vérifiant l’impact sur le nombre de résultats.
Les parenthèses : le chef d’orchestre
Maintenant que tu as cette base, tu vas pouvoir élaborer des recherches complexes où tu vas combiner des termes et des ajusteurs de requêtes grâce aux parenthèses.
Les parenthèses servent à grouper des opérations ensemble. Elles disent à LinkedIn : « traite d’abord ce qui est entre parenthèses, puis occupe-toi du reste. »
Exemple :
(Chargé OR Chargée) AND Recrutement
Ça veut dire : je veux les profils qui contiennent « Chargé » OU « Chargée », ET qui contiennent aussi « Recrutement ».
Cette requête te donne le même résultat que la requête suivante :
(Chargé AND Recrutement) OR (Chargée AND Recrutement)
Alors pourquoi ne pas utiliser cette dernière version ?
Parce que LinkedIn, sur un compte gratuit, limite le nombre d’opérateurs booléens disponibles.
Combien exactement ?
Aucune idée. LinkedIn ne communique pas dessus. C’est un mystère.
Mais ce qu’on sait, c’est que plus tu utilises d’opérateurs, plus tu risques de taper dans cette limite. Et quand tu la dépasses, LinkedIn ignore silencieusement une partie de ta requête. Sans même t’expliquer pourquoi.
Autrement dit, ta requête ne fait plus ce que tu crois qu’elle fait. Et tu ne le sais même pas.
D’où l’intérêt des parenthèses : elles te permettent d’écrire des requêtes complexes avec moins d’opérateurs.
Les guillemets : la précision chirurgicale
Les guillemets servent à chercher une expression avec l’ordre exact des termes, voire une ponctuation.
Exemple :
« Talent Acquisition Manager »
« D.R.H »
ATTENTION. C’est ici que ça devient intéressant.
Si tu oublies d’ajouter les guillemets à Talent Acquisition Manager, LinkedIn comprendra Talent AND Acquisition AND Manager.
La différence ?
Dans un cas, environ 134 000 résultats. Dans l’autre, environ 54 000.
Qu’est-ce qui s’est passé ?
Dans le premier cas (sans guillemets), LinkedIn est allé chercher les profils avec les 3 termes, qu’ils soient côte à côte ou non, ou même dans le désordre. Tu peux avoir un profil qui mentionne « Talent » dans son résumé, « Acquisition » dans une expérience passée et « Manager » dans son titre actuel. Et LinkedIn te le sort comme résultat.
Dans le second cas (avec guillemets), LinkedIn est allé chercher l’expression exacte avec l’ordre exact des termes, où qu’elle soit dans le profil.
Cela restreint naturellement les résultats.
Mais des résultats restreints et pertinents valent mieux que des résultats larges et polluants. C’est un peu comme la pêche : tu peux jeter un filet géant et attraper des pneus, des algues et un poisson. Ou tu peux utiliser un hameçon précis et attraper le bon poisson du premier coup.
Le vrai sujet : ce ne sont pas les opérateurs qui font la différence
Et maintenant, le point le plus important de cet article. Celui pour lequel tu aurais pu sauter tout le reste.
Le voici :
___Si les booléens sont un langage à 5 « mots », les gens en utilisent des dizaines de milliers d’autres pour écrire leur profil.
Et c’est cela — et UNIQUEMENT cela — qui fait la différence entre une requête qui donne des résultats et une autre qui n’en donne pas.
Ce ne sont pas les opérateurs booléens.
Non.
C’est le vocabulaire.
Les mots-clés que tu choisis de mettre dans ta requête. Les termes que les candidats et candidates utilisent réellement sur leur profil.
Parce que tu peux maîtriser AND, OR, NOT, les parenthèses et les guillemets à la perfection. Si tu ne sais pas comment les gens décrivent leur métier, leurs compétences, leurs outils — ta requête ne donnera rien.
Un exemple. Tu cherches un ou une « Data Analyst ».
Tu fais : « Data Analyst »
Et tu obtiens X résultats.
Mais combien de profils pertinents tu as raté parce qu’ils ont écrit « Analyste données » ? Ou « Analyste BI » ? Ou « Data Analyst Junior » (qui ne matche pas ton expression exacte) ? Ou « Business Intelligence Analyst » ?
Le booléen ne pense pas à ta place. Il exécute ce que tu lui demandes. Ni plus, ni moins.
Or, le vrai talent du sourceur et de la sourceuse, ce n’est pas de savoir écrire une requête booléenne. Ça, c’est la base. Le vrai talent, c’est de savoir quels mots les gens utilisent pour se décrire.
C’est du vocabulaire. De la sémantique. De la compréhension du marché.
Autrement dit, avant d’écrire une requête, il faut comprendre un métier. Comprendre comment les gens de ce métier parlent d’eux-mêmes. Comprendre les variantes régionales, les titres anglophones, les raccourcis informels, les sigles.
Et ça, aucun opérateur ne le fait pour toi.
En résumé : construire une requête, étape par étape
Pour ceux et celles qui veulent une méthode :
- Identifie d’abord les mots-clés : comment les gens décrivent-ils ce poste ? Quels synonymes, quels titres alternatifs, quels termes en anglais ?
- Groupe les synonymes avec OR : (Développeur OR Développeuse OR Developer OR Dev)
- Combine les groupes avec AND : (Développeur OR Développeuse OR Developer) AND (Python OR Java OR C++)
- Exclus le bruit avec NOT : NOT Formateur NOT Enseignant (si tu veux des praticiens, pas des profs)
- Utilise les guillemets pour les expressions exactes : « Lead Developer » plutôt que Lead Developer
- Vérifie tes résultats : scrolle les 20-30 premiers profils. Si c’est n’importe quoi, ajuste. Si c’est pertinent, continue.
- Itère : une requête n’est jamais parfaite du premier coup. C’est un processus d’affinage, pas un one-shot.
Conclusion
Le booléen, c’est un tournevis.
C’est utile. C’est indispensable même. Mais personne n’a jamais construit une maison avec un tournevis seul.
La maison, en sourcing, c’est ta capacité à comprendre un besoin, à cartographier un marché, à identifier comment les profils se décrivent, à choisir les bons mots-clés.
Les opérateurs AND, OR, NOT, les parenthèses et les guillemets — ce sont juste les outils qui assemblent ces mots-clés ensemble. Rien de plus.
Donc, oui, maîtrise les 5 opérateurs. C’est la base. C’est rapide. C’est accessible.
Mais ne t’arrête pas là.
Car si tu passes 80% de ton temps à perfectionner tes requêtes booléennes et 20% à comprendre le vocabulaire de ta cible, tu fais les choses à l’envers.
En fin de compte, le booléen est un langage à 5 mots. Mais le sourcing, lui, est une méthode à part entière.
Nous aidons les équipes recrutement à maîtriser l’étape la plus complexe de celle-ci : la cartographie sémantique.
Tu veux maîtriser cette méthode ? Prends contact avec notre équipe pour en discuter.



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