9 problèmes de recrutement. 45 minutes de réponses concrètes.
Sourcing, surcharge, managers, critères, pilotage… On a sélectionné 9 problèmes rencontrés par des recruteurs et responsables recrutement et on y répond concrètement avec la méthode LEDR.
Le replay + le récap t’ont aussi été envoyés par mail.
Avec Oriane Santhasouk · L’École du Recrutement
Avant de conclure à la pénurie, vérifie que tu as vraiment exploré le marché :
Ensuite, regarde ton funnel.
Tu trouves très peu de profils pertinents malgré une recherche travaillée
→ pénurie possible, mais challenge aussi les critères et conditions proposées.
Tu trouves des profils mais ils ne répondent pas
→ regarde le ciblage, le canal, le message, les relances et la proposition de valeur.
Ils répondent mais ne veulent pas du poste
→ sujet d’attractivité : salaire, conditions, entreprise, contenu du poste…
Ils sont intéressés au départ mais ils abandonnent ensuite
→ le problème est probablement plus loin dans le process.
Et benchmarke : si des entreprises comparables arrivent à recruter les mêmes profils, l’explication « il n’y a personne » mérite sérieusement d’être challengée.
N’essaie pas de faire avancer 15 recrutements à la même vitesse.
Priorise selon :
Puis adapte l’intensité :
Et rends l’arbitrage visible : priorité actuelle, dernière action, prochaine action, blocage, personne qui doit agir.
Enfin, protège ton temps pour les tâches qui nécessitent réellement ton expertise : cadrage, stratégie de recherche, sourcing complexe, approche, évaluation, conviction.
Ne cherche pas à connaître leur métier mieux qu’eux, c’est impossible.
Le manager apporte l’expertise métier. Tu apportes l’expertise recrutement : marché, recherche, attractivité, évaluation et process.
Ta crédibilité vient notamment de ta capacité à transformer une demande floue en critères exploitables.
Exemple : « Je veux quelqu’un d’autonome. » Demande :
Puis définissez avant les entretiens : les critères, les comportements attendus, les questions, le niveau minimum, le barème.
Tu passes ainsi de : « Moi, je ne l’ai pas senti. » à : « Sur les cinq critères définis ensemble, il atteint notre niveau sur quatre et pas sur celui-ci. »
Autre levier : teste les hypothèses plutôt que débattre.
Et garde l’historique de tes recrutements pour pouvoir dire : « Sur nos trois derniers recrutements comparables, voilà ce qu’on observe. »
Le tri se fait pendant un vrai brief, pas après réception d’une fiche de poste par mail.
Un manager mélange souvent : critères réellement liés à la réussite, préférences, habitudes, mots-clés de son portrait-robot idéal.
Pour chaque critère :
Fais raconter une situation concrète : « Tu as déjà eu quelqu’un de très bon ou très mauvais là-dessus ? Qu’est-ce qu’il faisait concrètement ? »
Un critère facilement apprenable ne doit pas forcément devenir un filtre à l’entrée.
Fais trois piles :
Puis définis le niveau minimum attendu.
Et rappelle-toi qu’un critère doit ensuite être évalué. Dans un entretien d’une heure, tu évalues 3 ou 4 critères max. Évaluer 15 critères, ça change le process.
Sépare les deux objections.
Première question : est-ce qu’on connaît réellement son attente salariale ? Ne déduis pas un salaire d’un CV. Vérifie-le en préqualification.
S’il est effectivement au-dessus du budget, regarde ensuite :
Puis arbitre : augmenter le budget, réduire la séniorité, assouplir certains critères, ou accepter une recherche plus longue.
Demande : « Dépassé sur quoi précisément ? » Outil ? Technique ? Méthode ? Connaissance ? Puis teste la compétence concernée.
Un bon réflexe : « S’il avait exactement le même parcours et les mêmes compétences mais 15 ans de moins, aurais-tu la même réserve ? »
Le sujet n’est pas de prouver qu’un profil senior est bon, mais d’éviter de l’écarter sur une supposition qu’on pouvait vérifier.
Il n’y a pas de chiffre magique.
10 postes abondants avec beaucoup de candidatures entrantes ≠ 10 postes pénuriques nécessitant du sourcing actif.
La charge dépend notamment :
Ne compte donc pas uniquement les postes. Demande-toi :
Les vrais signaux de surcharge :
La solution : limiter le travail en cours. Prioriser quelques recrutements, y mettre de vrais moyens, puis faire remonter les suivants.
Et si ça ne suffit pas : tu n’as peut-être pas un problème de productivité mais trop de charge pour la capacité disponible.
Challenge les pratiques, pas l’expérience.
Pars de trois questions : comment fais-tu aujourd’hui ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui te permet de dire que ça fonctionne ?
Le challenge peut conduire à trois conclusions : confirmer une pratique déjà solide, améliorer une pratique, ou découvrir une autre méthode.
Fais constater les angles morts plutôt que les annoncer.
Au lieu de : « Vos entretiens ne sont pas assez structurés. » Demande :
Et demande régulièrement le pourquoi.
Avec une équipe expérimentée, parle donc plutôt de : mise à plat des pratiques, partage d’expertise, harmonisation, construction d’un standard commun.
Enfin, teste plutôt qu’imposer : « Sur trois recrutements, testons cette nouvelle grille et comparons. » La remise en cause devient une expérimentation commune.
La vraie question : « Pourquoi est-ce que j’ai encore besoin d’être impliquée dans autant de sujets opérationnels ? »
Reprends tes deux dernières semaines et classe les tâches :
Beaucoup d’urgences sont en réalité des problèmes récurrents jamais réglés à la source.
Ensuite, travaille l’autonomie de l’équipe avec une méthode commune : qui décide quoi ? Quand escalader ? À quoi ressemble un bon brief ? Quels standards en sourcing ? Comment évaluer ? Quel niveau de qualité attendre ?
Si chacun travaille différemment, tu dois sans cesse vérifier, arbitrer et reprendre.
Et surtout, arrête de compenser personnellement les dysfonctionnements :
Prendre de la hauteur, c’est donc faire en sorte que moins d’opérationnel ait besoin de toi.
Ne montre pas seulement ce que l’équipe fait, montre ce que son travail permet à l’entreprise.
Le nombre de CV traités, d’entretiens menés, de messages envoyés → de l’activité.
Pars plutôt des enjeux business : ouvrir une équipe, lancer un projet, accompagner une croissance, recruter des commerciaux, stabiliser une activité.
Puis demande : « Qu’est-ce que le recrutement a permis de débloquer ? »
Même logique avec les postes vacants. « Ce poste est ouvert depuis 70 jours » dit peu de choses. Explique plutôt ce que ces 70 jours provoquent :
Mesure aussi la qualité du recrutement : acceptation des offres, satisfaction managers, expérience candidat, réussite de la période d’essai, maintien et performance dans le poste.
Et privilégie les avant / après : « On était à 65 % d’acceptation, nous avons changé X, nous sommes maintenant à 82 %. » Ton récit devient : problème → action → résultat.
Enfin, choisis seulement 3 à 5 KPI liés aux priorités business du moment.
Pose ta question dans la prochaine Boîte à Questions. Elle reste ouverte en permanence, même entre deux lives.
Pose ta question dans la prochaine BAQSi tu veux remettre plusieurs choses à plat dans tes recrutements, prends rendez-vous avec l’équipe.
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