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Les dix règles du sourcing

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Si on devait retenir dix grands principes à partager avec les personnes qui débutent le sourcing, quels seraient-ils ? La liste qui suit est une proposition des premières choses qui me sont passées par la tête. N’hésitez pas à la compléter avec vos propres règles en commentaire.

1) Le sourcing n’est pas une question d’outils

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Ceux et celles qui m’ont déjà vu dans la formation #TruAcademy savent que c’est quelque chose que je répète en permanence. En effet, il y a une fascination médiatique et collective pour les outils. Vous savez ce que l’on dit : les mauvais ouvriers ont toujours de mauvais outils.

On a toujours cette tendance infantine à se retourner contre l’outil plutôt que contre soi-même. Pourtant on sait très bien que si on achète les chaussures d’Usain Bolt on ne vas pas courir comme lui.

Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs : ce n’est pas parce que les gens ont des appareils photo haut de gamme qu’ils sont de bons photographes, c’est l’inverse.

Ceci étant dit, toutes choses égales par ailleurs, être bien outillé ne fait pas de mal. C’est pour ça que nous avons sorti l’an dernier unoutildesourcingparjour.com (dont on va bientôt sortir la deuxième version).

2) Si vous chassez aux mêmes endroits que les autres, vous aurez les mêmes candidats que les autres

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La méthodologie est plus déterminante que les outils. Admettons que je vous donne à tous la même licence LinkedIn et que je vous demande de me recruter le même besoin, disons un développeur iOS. Que va faire la majorité ? Elle va écrire simplement « développeur iOS » sans chercher à travailler sur les synonymes.

Du même coup, la majorité des gens vont tomber sur les mêmes profils et vont se mettre en compétition sur la même partie du gisement. Le bon sourceur est celui qui sait aller au-delà du trivial.

3) Si vous ne faites pas l’effort d’écrire pourquoi ferait-on l’effort de vous répondre ?

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Quand on pense sourcing on pense à l’identification des profils. On oublie souvent la partie motivation. Que cela soit avec l’annonce ou dans le message d’approche, le rôle du sourceur est de susciter l’envie chez son interlocuteur.

Ce qui veut dire qu’il faut apprendre à écrire. La langue de bois est votre plus grande ennemie. Il faut apprendre à écrire avec vos propres mots plutôt que de copier-coller ceux des autres. Si vous ne faites pas l’effort d’écrire pourquoi ferait-on l’effort de vous répondre ? Si vous parlez « d’opportunité professionnelle » (expression qui ne veut absolument rien dire) et, pire encore, si vous en faites le sujet de votre mail d’approche, comment espérez vous sortir du lot ?

Si vous n’avez rien à dire, ne dites rien. Il vaut mieux écrire des choses très courtes que de vouloir à tout prix meubler. Que pensez-vous des lettres de motivation sans effort d’écriture ? Celles où tout le monde est « dynamique et motivé » ? Ça vous agcace et vous ne les lisez plus ? Et bien c’est pareil pour les gens quand ils lisent vos annonces et vos messages photocopiés.

Si vous voulez aller plus loin voici un article qui traite spécifiquement de l’écriture dans le recrutement.

4) La débrouillardise est la meilleure amie du sourceur

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Le sourcing est une enquête géante. Une des qualités clés est donc la curiosité, la débrouillardise. Si vous n’avez pas le goût d’aller chercher par vous-mêmes, penser par vous-mêmes et tester par vous-mêmes vous allez stagner. Aussi bien dans vos recherches que dans le métier en lui-même.

Google est votre ami. Ne posez plus une question avant d’avoir essayer d’obtenir la réponse.

5) It’s not about you, it’s about them

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Autrement dit : vous n’êtes pas la mesure universelle des choses. C’est un principe que l’on a vu dans l’article qui tirait des enseignements de l’élection de Donald Trump.

Il faut dépasser ce réflexe humain de penser que tout le monde fonctionne comme soi-même. La plupart des principes qui fonctionnent en sourcing sont contre-intuitifs.

Par conséquent, à chaque fois que vous dîtes une phrase comme « oui mais moi je n’aimerais pas qu’un recruteur m’écrive sur ma boîte mail professionnelle » ou « oui mais moi je n’aimerais pas qu’un recruteur me laisse un sms », vous êtes en train de parler dans le vent. On se fiche totalement de ce que vous préférez, vous. Sauf si vous avez l’intention de vous recruter vous-mêmes. Ce qui est important c’est ce qu’en pensent les gens que vous ciblez. Et vous risquez d’être étonné.

6) Ce n’est pas parce que tout le monde fait quelque chose que c’est efficace ou acceptable

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Vous savez ce que l’on dit : « la folie c’est de répéter les mêmes choses en espérant des résultats différents ». Et, en la matière, le recrutement est rempli de traditions obsolètes et d’idées d’un autre temps. Pire encore, les pratiques les plus inefficaces ont une grande propension à se diffuser par mimétisme et paresse intellectuelle.

Par exemple, écrire « opportunité professionnelle » a toujours été médiocre. Quand on y réfléchit ça n’a aucun sens d’écrire ça. L’expression est beaucoup trop vague : on parle d’un CDI ? Un CDD ? Une interview ? Et pourtant on l’a tous écrit, moi le premier. Par mimétisme.

Vous le voyez d’ailleurs du côté des gens qui postulent à vos annonces. Pourquoi écrivent-ils tous « dynamique et motivé » dans cet ordre et jamais « motivé et dynamique » ? Parce qu’ils copient ce que les autres font.

Et le pire c’est que la répétition crée la familiarité et la familiarité donne l’impression que quelque chose est juste. C’est sur ce principe que repose la publicité. À force de vous montrer encore et encore un produit vous finissez par en avoir une image positive. C’est pareil ici : à force de voir les mêmes absurdités encore et encore on finit par les considérer comme justes.

On en arrive à des situations ridicules où, dans les annonces, tout le monde est « leader de son marché » , « en pleine croissance », « un groupe international. C’est d’autant plus ridicule que l’avantage d’être leader c’est que c’est censé être rare. Une fois que tout le monde se revendique leader, quel intérêt ? D’ailleurs vous remarquerez que tout le monde dit « leader de son marché » comme si c’était une expression française consacrée. Pourquoi personne n’écrit jamais « numéro un du marché » ? Parce que c’est du mimétisme pur.

Une règle qui vous sauvera : partez du principe que les gens ne savent pas ce qu’ils font. Et incluez-vous dans ce constat.
Ne vous fiez pas à votre seule intuition. Raisonnez plutôt comme un scientifique : ce qui n’a pas été testé est faux.

7) Il n’y a jamais une seule manière de trouver

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On a tendance à se limiter aux sentiers battus. Pourtant le sourcing est une discipline qui fait pleinement appel à la créativité. Plus votre approche de recherche sera créative et plus vous obtiendrez des choses intéressantes.

Partez toujours du principe qu’il existe une infinité de manières d’aborder un problème de sourcing. À la fin de chacune des formations, j’organise une mini-compétition entre les participants. L’idée c’est de former des groupes de mini-cabinets qui doivent travailler sur une annonce pendant 30 minutes et proposer une short-list de 2-3 profils. Les participants utilisent la même méthode (celle qu’on enseigne en formation) et le même outil (la recherche avancée de LinkedIn). Et pourtant, en deux ans, je n’ai jamais eu deux groupes me proposant la même short-list. Je suis à chaque fois bluffé par ce phénomène.

Parce que chaque personne aura sa manière personnelle d’aborder un problème. D’où l’intérêt, quand vous êtes bloqué sur une mission, de demander à un collègue de vous aider en apportant son regard neuf sur la mission.

8) Le but du recruteur n’est pas de chercher mais de trouver

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Dis comme ça c’est une évidence. Et pourtant dans la pratique c’est quelque chose de couramment négligé. J’en veux pour preuves les annonces où l’on cherche à multiplier le volume des candidatures au lieu d’améliorer le taux de pertinence. Le but est pourtant de trouver le bon CV et non pas d’en avoir un maximum possible.

C’est un sujet que j’avais déjà abordé ici : http://rmsnews.com/arretez-la-course-aux-cv

9) Ne pas avoir le temps n’est pas une excuse pour ne pas apprendre

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On se ment beaucoup sur le sujet. Par exemple, quand on parle des réponses aux candidatures sur les annonces c’est le premier réflexe : oui mais je n’ai pas le temps de répondre à tout le monde.

Une astuce qui est valable dans la vie de tous les jours : à chaque fois que quelqu’un vous dit qu’il n’a pas le temps il est en train de vous mentir ou de se mentir à lui-même. Si jamais on les postulants pouvaient noter les recruteurs comme on note les chauffeurs Uber et qu’en-dessous d’une certaine note ils étaient virés (comme les chauffeurs Uber), tous les recruteurs répondraient aux candidatures.

Ce n’est donc jamais une question de temps mais toujours une question d’énergie et de priorité, ce qui est bien différent. À chaque fois que vous entendez ou dites la phrase « je n’ai pas le temps » demandez-vous plutôt « est-ce que c’est une priorité ».

Pire encore, ne sacrifiez jamais votre apprentissage par manque de temps. Si vous n’avez pas le temps de continuer à apprendre, à essayer de nouvelles choses, vous allez droit dans le mur. C’est l’équivalent de ne jamais rien épargner en disant « non mais je n’ai pas assez d’argent pour en épargner ». Le jour où vous avez un problème, vous êtes cuit. C’est pareil ici, l’apprentissage et la formation sont des investissements en vous-mêmes. Ne sacrifiez pas le long-terme pour le court-terme : c’est comme ça que commencent toutes les histoires qui finissent mal.

10) Les gens ne sont pas des candidats

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Par facilité de langage, on appelle les profils des « candidats ». Moi le premier. Mais on ne doit pas oublier que la plupart des profils avec qui on interagit ne sont candidats à rien. Quand vous approchez quelqu’un directement sur LinkedIn, il n’est candidat à rien. Vous ne pouvez donc pas faire l’économie de la phase de séduction.

Vous jetez sur quelqu’un en lui balançant une fiche de poste à la figure n’est pas le meilleur moyen d’intéresser les gens. Pire encore, ne demandez jamais à quelqu’un s’il est à l’écoute du marché. Ce serait comme commencer un premier contact, avec quelqu’un que vous ne connaissez pas, par : « êtes-vous en recherche d’une nouvelle relation amoureuse ? ».

La plupart des gens, quand un inconnu leur pose une telle question à froid, répondront que non. C’est une question prématurée. On aura l’occasion de revenir sur cette question. (D’ailleurs pour ceux et celles qui sont déjà abonnées à #TruAcademy, le module sur le sujet est déjà tourné et arrive bientôt).

Et voilà qui conclut cet article ! Si vous voulez récupérer les images en HD (pour un fond d’écran par exemple), je vous les laisse sur ce dossier dropbox : https://www.dropbox.com/sh/gwvq958tcx0j6sv/AAAQwbP3tdp9c2m19r40Xux2a?dl=0

Bon sourcing !

Commentaires

  1. Merci pour cet article Nicolas ! Une fois de plus c’est pertinent, criant de sens, et synthétique. Efficace. Bref… Cela fait du bien de lire tout ça, même si ça parait évident de prime abord, ça l’est tellement en fait qu’on en vient à ne plus se remettre en question. Merci !

  2. Super article, je suis particulièrement en phase avec la #4.

    Le combo débrouillardise curiosité est le must du sourceur, en particulier avec les évolutions rapides et incessantes des outils (gratuits et payants d’ailleurs).

    Merci pour cet article, encore très bon et pertinent, comme bien souvent!!

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